L’histoire de Myriam – Psychologue
Y a-t-il eu un moment décisif qui t’a amenée à t’engager sérieusement dans l’entraînement, malgré les exigences de ta vie professionnelle en tant que psychologue ?
J’ai toujours été active et, en général, quand j’aime quelque chose, je m’y investis à 100 %. Je ne suis pas très douée pour faire les choses à moitié quand elles me tiennent vraiment à cœur. Avant le cyclisme et maintenant le triathlon, j’ai passé de nombreuses années à faire de l’entraînement de type crossfit, et j’étais tout aussi investie à l’époque dans l’apprentissage des mouvements, le développement de la force et l’amélioration de mes performances.
Je retrouve aujourd’hui le même schéma avec le triathlon. Ce n’est pas seulement une question de performance, j’aime sincèrement le processus de progression. L’entraînement représente aussi un équilibre essentiel avec mon travail de psychologue. Mon métier demande beaucoup de présence et d’énergie mentale, et le sport m’offre un espace pour bouger, me recentrer et me reconnecter à moi-même.
D’un point de vue psychologique, quel est selon toi l’impact le plus significatif de l’entraînement régulier sur le bien-être mental ?
Les personnes qui parviennent à s’entraîner de manière constante ont généralement une forte motivation intrinsèque, une passion pour ce qu’elles font ou simplement un amour sincère de l’activité. C’est souvent ce qui fait la différence entre quelque chose qui dure et quelque chose qui finit par s’estomper.
En termes de bien-être mental, l’entraînement peut procurer un puissant sentiment d’autonomisation. Dans un monde où beaucoup de choses échappent à notre contrôle, l’entraînement est quelque chose sur lequel on peut réellement avoir une prise. On choisit d’être présent, on fait le travail, et avec le temps, on en voit les résultats.
Cela apporte aussi de la structure, un but, et un espace où les gens peuvent se reconnecter à eux-mêmes, physiquement et mentalement. Pour beaucoup, cela devient une partie stabilisante et essentielle de leur vie.
Comment gères-tu le doute ou la pression avant des courses importantes ?
Honnêtement, je ne ressens pas énormément de pression avant les courses. Pour moi, l’essentiel est de savoir que je me suis bien préparée et de faire confiance au travail accompli à l’entraînement. Une fois sur la ligne de départ, l’essentiel du travail est déjà fait.
J’essaie aussi de voir les courses comme une journée d’entraînement parmi d’autres, une occasion de profiter de l’expérience et de voir ce que mon corps est capable de faire ce jour-là.
Ce qui est intéressant, c’est que lorsque je faisais de la compétition en cyclisme, j’étais beaucoup plus anxieuse avant les courses. J’avais toujours peur de chuter dans le peloton. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que j’ai décidé d’arrêter de courir en cyclisme. Le triathlon est très différent pour moi, parce que je suis seule sur le parcours, et j’aime énormément cet aspect.
Parmi de nombreux sports exigeants, qu’est-ce qui t’a amenée à choisir le triathlon en particulier ?
J’adore bouger de différentes façons. Comme je le disais, avant le triathlon, je faisais de l’entraînement de type crossfit, avec beaucoup de variété, et j’ai réalisé que j’aimais vraiment utiliser mon corps de multiples manières.
Être cycliste à haut niveau a été une expérience incroyable, mais je voulais aussi explorer d’autres façons de bouger. Avec la natation, le cyclisme, la course à pied et le renforcement musculaire, j’ai l’impression que mon corps est sollicité de manière plus complète.
Un autre aspect que j’aime beaucoup dans le triathlon, c’est qu’on ne s’ennuie jamais vraiment, il y a toujours quelque chose de différent à travailler. Et comme je venais du cyclisme, c’était rassurant d’avoir déjà une discipline qui me semblait familière.
Le fait que le triathlon soit un sport individuel est aussi quelque chose que j’apprécie énormément. Il n’y a que toi, ton entraînement et le jour de la course. Pas d’aspiration, juste les watts bruts sur le vélo !
Que représente pour toi le vêtement de performance en tant qu’athlète évoluant à haut niveau ? Penses-tu que ce que tu portes puisse influencer non seulement la performance, mais aussi ton état d’esprit avant une course ?
Le vêtement de performance est clairement essentiel quand on compétitionne à haut niveau. Le confort, l’aérodynamisme et la fonctionnalité jouent tous un rôle lorsqu’on passe des heures à s’entraîner ou à courir.
Mais l’état d’esprit entre aussi en jeu. Comme on le dit souvent : bien paraître, c’est se sentir bien. Que ce soit un effet placebo ou de petits gains marginaux, je prends ! Se sentir bien dans ce qu’on porte ajoute un petit supplément de confiance avant de prendre le départ.
En tant que psychologue et athlète amateur de haut niveau, comment définirais-tu le “Potentiel caché” dans ta propre vie ?
Pour moi, découvrir son potentiel, c’est la découverte de limites dont on ignorait l’existence. C’est le travail silencieux qui se fait dans le temps, les séances d’entraînement que personne ne voit, les petites améliorations, et la résilience que l’on construit en chemin.
À bien des égards, il s’agit de continuer à se découvrir soi-même. Le sport révèle constamment de nouvelles facettes de ce dont on est capable, autant physiquement que mentalement.
Je dis souvent que, pour moi, la vie, c’est le mouvement. Tant que j’avance, que j’apprends et que j’explore mes capacités, j’ai le sentiment d’être exactement là où je dois être.
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