[Fête des mères : Entraînement, maternité et force mentale
Le point de vue d’une triathlète avec Dre Y. Kim Chu‑Bédard]
Y a‑t‑il eu un moment déterminant qui vous a amenée à commencer à vous entraîner, malgré les exigences de votre vie de médecin?
Le mouvement fait partie de ma vie depuis aussi longtemps que je me souvienne. Mes parents m’ont initiée très tôt au sport et, à travers cela, j’ai appris la discipline, la résilience et le plaisir de repousser mes limites.
Quand j’étais plus jeune, ma motivation était axée sur la performance. Il était question de médailles, de classements et de progression. Mais pendant la résidence, cela a changé.
La formation en médecine est exigeante à tous les niveaux, physiquement, mentalement et émotionnellement. L’exercice a cessé d’être une quête de réussite et est devenu une question d’équilibre. C’est devenu mon bouton de réinitialisation. Ma thérapie. Ma façon de me réapproprier un espace pour moi au milieu de longues journées à l’hôpital.
Aujourd’hui, ma motivation n’est plus de prouver quoi que ce soit. Il s’agit plutôt d’être présente, pour mes patients, pour ma famille et pour moi‑même. Une course après un quart difficile ou une sortie à vélo tranquille au coucher du soleil n’est pas seulement un entraînement. C’est ma façon de clarifier mes pensées, de me ressourcer et de rester ancrée.
Le mouvement n’est pas simplement quelque chose que je fais. C’est ce qui me permet de rester entière.

D’un point de vue médical, quel est selon vous l’impact le plus significatif de l’exercice régulier sur la vie d’une personne?
D’un point de vue médical, les bénéfices physiques de l’exercice sont indéniables. Mais ce que je considère comme son impact le plus profond concerne la santé mentale.
L’activité physique régulière est l’un des outils les plus puissants et accessibles dont nous disposons pour réguler le stress, améliorer l’humeur et renforcer la résilience. Elle réduit l’anxiété, améliore le sommeil et soutient les fonctions cognitives, autant d’éléments qui influencent profondément la qualité de vie.
Au-delà des effets physiologiques, le sport crée du lien. Il brise l’isolement social et favorise le sentiment de communauté. On évolue dans des environnements où les gens partagent des objectifs, des défis et des passions communs, et ce sentiment d’appartenance est extrêmement protecteur pour le bien‑être mental.
Dans un monde qui exige constamment plus de nous, l’exercice offre à la fois un exutoire et une forme de régénération. Il apporte clarté, calme et joie. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter des années à la vie, mais d’ajouter de la vie aux années.
En tant que médecin qui s’entraîne également, qu’est-ce que cela signifie pour vous de prendre activement soin de votre propre corps et de votre santé?
En tant que médecin qui s’entraîne aussi, prendre soin de mon corps représente un engagement constant.
Le travail en médecine m’a montré à quel point le mode de vie influence la santé à long terme, et cela m’a rendue plus consciente de la façon dont je prends soin de moi. Le mouvement, la récupération et le repos ne font pas seulement partie de ma routine, ils sont essentiels pour maintenir un équilibre dans une profession exigeante et imprévisible.
L’entraînement m’aide aussi à rester connectée à mon corps de manière très concrète. Il me rappelle d’être à l’écoute, de m’adapter et de respecter mon état physique et mental. Cette conscience se reflète ensuite dans la façon dont je prends soin de mes patients et de ma famille.

Que représente selon vous l’exercice pour les femmes?
Je crois que l’exercice représente une forme de pouvoir pour les femmes. Il est question de force, d’autonomie et de résilience. Le mouvement permet aux femmes de se reconnecter à leur corps d’une manière ancrée dans leurs capacités plutôt que dans l’apparence.
Pour beaucoup de femmes, l’exercice devient un espace qui leur appartient entièrement. Il soutient non seulement le corps, mais aussi la confiance, le bien‑être mental et la confiance en soi.
À chaque étape de la vie — adolescence, maternité, construction de carrière, vieillissement — le mouvement évolue avec nous. Il nous rappelle que nos corps sont puissants, capables et dignes d’attention.
Quelle motivation intérieure vous pousse à continuer, même lors des journées les plus difficiles?
Les jours où je n’ai pas envie de bouger sont souvent ceux où j’en ai le plus besoin.
Après une longue nuit de garde, mon esprit est fatigué avant même que mon corps le soit. Il est facile de vouloir rester immobile. Mais j’ai appris que même une courte sortie à vélo tranquille peut complètement transformer ma perspective. Cela dissipe le brouillard mental et m’aide à me présenter avec plus de patience, plus d’énergie et un meilleur état d’esprit.
Ce qui me pousse à continuer lors des journées les plus difficiles, ce n’est pas la discipline, mais la confiance que je me sentirai plus forte, plus claire et plus ancrée après coup.
Le mouvement est la façon dont je prends soin de la version de moi sur laquelle les autres comptent.
Parmi les nombreux sports, qu’est-ce qui vous a amenée à choisir celui que vous pratiquez aujourd’hui?
J’aime plaisanter en disant que je dois mon amour pour la course à pied et le vélo à mon mari.
Au départ, c’était une activité que nous pratiquions ensemble, et avec le temps, c’est devenu une partie intégrante de notre mode de vie. Nous organisons des voyages à vélo partout dans le monde, nous nous entraînons côte à côte et nous partageons cet espace en dehors du travail et de la parentalité.
Pour moi, le sport n’est pas seulement une question de condition physique. C’est un lien. C’est un partenariat. C’est créer des souvenirs à travers le mouvement. Nous avons tellement hâte de partager cela avec notre fille!
Que représentent pour vous de bons vêtements ou équipements sportifs?
De bons vêtements de sport ne se limitent pas à l’esthétique.
Ils doivent être durables, fonctionnels et conçus pour répondre aux exigences du sport. Quand je porte un équipement, je veux être certaine qu’il me soutiendra à chaque intervalle, à chaque kilomètre, lors de chaque longue journée. Une coupe adaptée et une conception réfléchie éliminent les distractions et me permettent de me concentrer entièrement sur mes mouvements et mes performances.
Lorsque ton équipement travaille avec toi plutôt que contre toi, il devient une part de ta force.

Pensez-vous que ce que vous portez pour le sport peut influencer la performance ou la confiance?
Absolument. La confiance influence la performance.
Lorsque l’on se sent forte et à l’aise dans ce que l’on porte, on se tient différemment. Il y a un subtil changement psychologique — on se présente plus préparée, plus intentionnelle, plus prête.
Quand on se sent soignée et bien soutenue, on performe comme quelqu’un qui a sa place.
En tant que médecin et athlète, vous entrez maintenant dans un nouveau chapitre de la maternité — comment cette transition a-t-elle influencé votre relation avec votre corps et le mouvement?
La maternité a transformé ma relation avec mon corps d’une manière que je n’avais jamais anticipée.
Vivre une grossesse et récupérer d’une césarienne m’a donné un respect encore plus profond pour les capacités du corps. J’ai dû passer d’une logique de performance et d’optimisation constante à une approche d’écoute et de reconstruction. Cette transition n’a pas été facile. Étant habituée à faire mille choses à la fois et à m’entraîner à un niveau élevé, ralentir n’était pas naturel pour moi.
Mais la maternité m’a appris la patience. Elle m’a appris que la force ne se résume pas à l’intensité — elle repose aussi sur la constance, l’intention et la récupération. Il y a eu des moments où mon corps n’avait ni la même apparence ni les mêmes sensations, et j’ai dû accepter que la guérison n’est pas linéaire. Au lieu de chercher à retrouver mon « moi d’avant », j’ai choisi de me reconstruire à partir de là où j’étais.
Petit à petit, mon endurance et ma force sont revenues. Mais surtout, mon état d’esprit a évolué. Aujourd’hui, je bouge avec davantage de conscience, de gratitude et de sens.
À bien des égards, je me sens plus forte que jamais — pas seulement physiquement, mais aussi mentalement. La maternité n’a pas diminué mon identité d’athlète; elle l’a approfondie.

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